dimanche, 25 janvier 2009

Genève et Calvin, on joue les pingres?

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Par un heureux hasard, nous allons fêter le 500ème anniversaire de la naissance de Calvin et le 450ème du Collège et de l’Académie.

Genève est connue dans le monde entier comme la cité de Calvin.

Rarement un homme aura tant marqué les esprits de son époque, et ses disciples se sont installés partout, des Provinces -Unies à l’Ecosse, du Nouveau Monde à la Corée.

Il est devenu un personnage , que l’on soit religieux ou non, incontournable de l’Histoire  et de son entrée dans la modernité :instruction publique pour toutes et tous, développement des élites, puis de   l’économie avec la reconnaissance du bien- fondé du prêt à intérêt pour celui qui crée des richesses ; les graines sont semées qui feront l’homme d’aujourd’hui.

 Notre cité devient une capitale intellectuelle qui transforme la mentalité et la manière de concevoir  de l’époque.

Il reste certes des zones d’ombre, mais qui se rattachent à la dureté de cette période, à la précarité de la vie, à l’impuissance face à la maladie et la mort : en 1550, 30% des enfants meurent dans leur première année, 50% n’atteignent pas les 20 ans…  

Ces anniversaires représentent un grand enjeu pour le renom de la Genève internationale, la fête doit être belle, les moyens adéquats .Des milliers de touristes du monde entier sont attendus, nous ne nous rendons plus compte de l’impact énorme du nom de Calvin et j’ai été le premier surpris le jour où j’ai croisé tout un groupe de Coréens qui venaient là uniquement par ce que c’était la cité du réformateur.

Nous avons donc le devoir de ne pas décevoir les Genevois et nos hôtes. Le Gouvernement a alloué une somme de 500.000 F aux organisateurs des manifestations, mais les estimations démontrent déjà qu’il va manquer le même montant pour boucler les comptes.

Plusieurs députés se sont inquiétés de la qualité des spectacles et du coût des évènements,   la faiblesse des budgets est patente.

En période de crise, face aux difficultés de l’industrie du tourisme, dont la bonne santé rejaillit toujours sur le reste de la population, il faut impérativement lancer la demande d’un crédit supplémentaire :les organisateurs doivent organiser  et non pas perdre leur temps à courir pour obtenir plus d’argent. Et puis, soyons terre-à-terre, avec une bonne promotion nous pouvons attirer quelques milliers de voyageurs en plus qui  rembourseront très largement un crédit  de 500.000 F ,somme unique qui représente à peine 1/15000ème du budget de l’Etat.

Celui-ci, quand il s’agit de football, ne pleure pas les millions…

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20:35 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

Commentaires

Fêter la naissance d'un fanatique religieux doublé d'un assassin... non merci.

Écrit par : Johann | dimanche, 25 janvier 2009

La réaction de Johann montre l'état pathétique de la culture dans la Genève moderne.

Non seulement Calvin a lutté contre un fanatisme d'une autre ampleur mais encore faut-il le replacer dans le contexte de son époque.

Clavin a transformé le monde chrétien et apporté une ouverture qui est sans pareil en reniant la suprématie papale. Grâce à lui et à sa doctrine l'église protestante s'est ouverte aux femmes, grâce à lui les pasteurs ont des familles et donc pas de dérive pédophile dans cette religion.

Je crois surtout que Genève est touchée de plein fouet par les syndrome de la nullité et de la totale perte de conscience civique.

Il suffit de voir l'indigne discussion autour du lieu où la Constituante prêtera serment pour se rendre compte que grâce à des raisonnements aussi bas de plafond que celui de Johann, Genève est à la dérive.

Je ne suis ni protestant ni impliqué en politique, mais ce que je lis là est tout simplement effarant.

Mais il est vrai que ceux qui gouvernent aujourd'hui Genève sont eux-mêmes d'une telle inculture que l'on peut attendre que nos autorités comprennent les enjeux de ces commémorations.

Merci Monsieur Leyvrat de mener le combat pour que Genève sache se montrer digne de sa renommée mondiale, largement due à Clavin.

Écrit par : jules | lundi, 26 janvier 2009

"La réaction de Johann montre l'état pathétique de la culture dans la Genève moderne."

MDR!
C'est en effet "pathétique" (je vous emprunte le mot) de vénérer un fanatique religieux (parmi d'autres, je vous l'accorde) et un assassin.


"Clavin"

Pathétique en effet.


"a transformé le monde chrétien et apporté une ouverture qui est sans pareil en reniant la suprématie papale.

Anti-papiste? Luther? Imprimerie?

Ahhh! L'ouverture qui consiste à brûler son prochain.


"Je ne suis ni protestant"

Ca ne se voit pas. Prof?
Donc la trinité, ce monstre à trois têtes, vous n'y croyez pas?! Ni ne demandez le baptême des petits enfants?!


"mais ce que je lis là est tout simplement effarant."

Il n'y a que la vérité qui blesse. Désolé de vous avoir autant blessé.

A+

Écrit par : Bas-de-plafond | lundi, 26 janvier 2009

Ne pas commémorer sous prétexte que Calvin a fait brûler Servet, interdit les mascarades et autres joyeusetés me semblerait une démarche absurde. Un peu dans le style Révolution Culturelle maoïste. Il me semble au contraire qu'il faut lui faire un bel anniversaire et le billet de M. Leyvrat me semble en plus économiquement pertinent.
En revanche, il faut bien sûr peindre l'époque et les personnages en présence dans toute leur complexité et leurs contradictions, sans tomber dans le piège de la génuflexion et du panégyrique. J'en parle dans mon blog personnel.

Écrit par : Philippe Souaille | lundi, 26 janvier 2009

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