mercredi, 07 avril 2010

Un homme remarquable, le Général Guisan

 

 

 

 

 

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Evoquer la période 39-45 en Suisse éveille chez certains des sourires amusés, ah ce petit pays qui n’a pas connu la guerre et en a profité ! Il est facile de refaire l’Histoire, d’oublier le contexte. Quand on est entouré par deux des peuples les plus riches ,les plus puissants , les plus instruits de l’époque, qui arrivent à se faire trois guerres en septante ans , dont deux deviennent mondiales, je me demande bien où sont les responsabilités et qui devrait faire des excuses pour ce comportement fratricide entre peuples d’Europe.

Je suis infiniment reconnaissant aux dirigeants de mon pays de nous avoir évité le pire, même si nous avons dû composer et ruser pour nous en sortir. Un homme a su véritablement personnifier cette volonté de résistance, renforcer année après année une armée devenue dissuasive sur un terrain difficile pour l’adversaire, c’est le Général Guisan : une volonté de fer, une grande confiance qui rayonnait, de la classe, une idée mobilisatrice : le Réduit, une approche moderne et directe de ses soldats ; la foule innombrable qui l’a accompagné dans sa dernière demeure en 1960 nous prouve son immense aura  et le respect qu’elle induisait.

La tension est restée vive toute la guerre, plusieurs fois les menaces d’envahissement ont été sérieuses. Un ami de ma famille, en service à Bâle, me racontait l’insoutenable tension en mai 40 ; les troupes allemandes étaient proches, un matin on a distribué de la gnôle à la troupe : cette fois nous sommes bons pour le massacre !

Cette commémoration doit aussi être un hommage à tous nos parents de l’époque, courageux, décidés. J’ai une pensée émue pour mon père, soldat lambda comme il y en a eu des milliers ; exempté en 1928, volontaire en 39, 800 jours de service, il a toujours eu envie de s’acheter une Mercedes et ne l’a jamais fait, tant son ressentiment restait grand envers l’Allemagne et cet immense malheur évitable.

 

Commentaires

Cher président,
je n'ai pas réussi à trouver dans les nombreux ouvrages dont je dispose à combien s'établit le compteur des jours de service du général. Le sais-tu ?
respect à ton papa.
cordialement.
p.l.

Écrit par : pierre losio | mercredi, 07 avril 2010

Guisan, selon son décompte, a passé 7560 jours de service, soit 20ans et un mois! Amitiés, cher Pierre

Écrit par : leyvraz | mercredi, 07 avril 2010

Dommage, l'Histoire Suisse si peu enseignée dans nos écoles, donne aujourd'hui des adultes inconscients de la chance qu'ils ont d'avoir à cette époque un homme de 65 ans qui s'est engagé 6 ans à la tête de l'Armée Suisse pour défendre et rendre pérenne notre liberté.
Je me permets ici de transcrire le message du chef de l'Armée pour le 5ème Noël de guerre, article de la feuille d'avis de Lausanne du 27.12.1943
(ce document m'a été donné par un officier britannique qui avait une immense estime pour le général Henri Guisan).

"C'est pour célébrer le cinquième Noël du service actif que je me trouve, ce soir, dans vos rangs. Lesquels d'entre nous songèrent, aux derniers jours de 1939, qu'ils passeraient encore sous les armes cette fête de Noël 1943, et qu'il importerait plus que jamais, aujourd'hui, de nous tenir prêts à défendre notre Pays et nos foyers?
Au cours de ces dernières années, le fléau de la guerre s'est étendu au monde entier. Accablés par une épreuve sans précédent, des millions d'êtres humains souffrent et appellent l'accomplissement du message apporté par l'ange de Noël: -Paix aux hommes de bonne volonté-.
Cependant, cette paix peut se faire attendre longtemps encore, et la situation nous interdit, plus que jamais, de nous laisser prendre à nos propres désirs ou à ceux des autres. Nous sommes peut-être à la veille d'évènements importants: la guerre peut se rapprocher davantage encore de nos frontières.
Grâce à la volonté du Pays, à la vigilance de l'Armée, et surtout, grâce à la Providence, les maux les plus graves nous ont été épargnés jusqu'ici. Cela n'empêche pas que des soucis d'ordre matériel pèsent sur une grande partie de notre peuple. Soldats et Citoyens, c'est notre premier devoir d'aider les nôtres. Mais ne manquons pas pour cela de compatir aux soucis et aux détresses qui règnent au-delà de nos frontières. Ne laissons pas échapper cette occasion de nous montrer plus humains et d'exprimer ainsi la reconnaissance que doit nous inspirer notre sort.
Notre plus impérieux devoir, et le plus immédiat, c'est, plus que jamais: redoubler de vigilance, servir nos armes d'une main toujours plus ferme.
Vous, soldats de l'Armée, et vous Suisses du pays ou de l'étranger, comprenez pourquoi je m'adresse à vous, ce soir, des hauteurs du St-Gothard, du coeur de notre Pays, des lieux mêmes qui sont au commencement de notre histoire.
Il y a sept cents ans que fut lancé, à travers les gorges de la Reuss, le pont qui, non seulement rappelle ses originies, mais qui exprima d'emblée le sens profond de notre état confédéré. Le St-Gothard est le coeur de cette terre diverse et libre; les premiers foyers suisses naquirent au long des fleuves qui prennent leur source à ses flancs. Le St-Gothard est aussi le symbole de ces passages alpestres qui sont nôtres, que nous gardons solidement et que nous défendrons de toutes nos forces et de tout notre coeur, s'il le faut.
Soldats, vous savez pourquoi il faut demeurer l'arme au pied; vous savez le sens de ce mot : -Prêts-!
Toute expérience est coûteuse, mais l'expérience de la guerre est la plus coûteuse de toutes, car elle se paie au prix de nos biens et de notre sang.
A travers le grondement des flots de la Reuss qui battent les arches du pont, j'évoque les évènements de 1799, lorsque deux armées étrangères luttèrent, ici même, sur notre sol, pour la possession de ce pont. Nos foyers furent dévastés, et plusieurs décades s'écoulèrent avant qu'ils ne fussent reconstruits. Mais aujourd'hui, l'armée qui nous défend est plus forte, parce que mieux instruite, mieux entraînée, mieux équipée. Elle vient d'être dotée de types nouveaux d'armes anti-chars et anti-aériennes, qui lui valent un précieux appoint. Ma confiance dans le Pays, ma confiance dans l'armée sont inébranlables, au moment où je vois devant moi, pour la garde de notre St-Gothard, des unités romandes, alémaniques et tessinoires sur cette terre du Tessin sans laquelle notre pays ne serait pas ce qu'il est. Cela n'est-il pas un symbole? Nous ne savons ce que l'avenir nous réserve. Un seul le sait: Dieu. C'est Lui qui aura le dernier mot. C'est pourquoi nous avons confiance. L'excellent esprit de notre armée et le moral élevé de notre peuple auxquels je suis heureux de rendre hommage, nous y aideront.
Voilà ma consigne, ce soir, au moment où autour du sapin pour la cinquième fois, nous fêtons Noël sous les armes : Soyons vigilants et prêts. Ayons confiance! Soyons humains! Ayons l'esprit de solidarité, et surtout souvenons-nous qu'à l'heure du péril, c'est entre nos mains, soldats, que reposera l'indépendance du Pays. Ensemble, demeurons fidèles et fermes à notre poste! Je compte sur vous, comme vous pouvez compter sur moi."

Voilà comment un Général s'adresse à ses soldats, à son pays et aux envahisseurs potentiels.
Et pourquoi nous n'avons pas été envahis et nous sommes rester libres au milieu de l'Europe en Guerre.
Que les jeunes puissent lire ce discours et comprendre aux travers des lignes à qui ils doivent l'immense richesse de la liberté qui est la nôtre et que cet exemple vieux de 65 ans mais qui semble si actuel nous trace la voie d'aujourd'hui et pour demain!

Écrit par : Corélande | mercredi, 07 avril 2010

Faudrait arrêter de fumer la moquette !
Guisan était un gros con, je l'ai connu.

Écrit par : Sabourjian | jeudi, 08 avril 2010

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