dimanche, 18 avril 2010

Constructions et développement durable

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Constructions et développement durable

L’exemple du projet de loi les Cherpines - les Charrotons nous montre toute l’incohérence de notre politique environnementale. Il prévoit le déclassement de 58 hectares de la zone agricole en zone de construction dans la plaine de l’Aire.

Nous avons besoin de nouveaux logements, personne ne le conteste. Mais cela ne doit pas nous empêcher de nous poser les questions fondamentales : quelle société voulons-nous ? Quel avenir sommes-nous entrain de préparer ?

Serons –nous plus heureux quand tout aura été bétonné ?

58 hectares, ce n’est pas anodin. En plus, et c’est là que le bât blesse, il s’agit d’excellentes terres agricoles. Cela soulève des interrogations qui méritent des réponses :

- pourquoi ne tenir compte que des surfaces et jamais de la qualité des terres dans les déclassements ?

-personne ne s’occupe du sort des exploitants actuels, en grande majorité fermiers et donc non propriétaires des lieux. Que vont-ils devenir ? Et notre cardon AOC presque exclusivement cultivé là ?

- Comment concilier nos fracassantes déclarations sur le développement durable, nous donnons volontiers des leçons, et le bradage de terrains voués à la production de notre nourriture ? Si le Brésil annonçait vouloir défricher 17.000 Km2 de forêt primaire, tout le monde crierait au scandale ; et pourtant c’est 0, 2 % de son territoire, comme ces 58 hectares pour nous…

- ne serait-il pas sage de garder une agriculture de proximité, alors qu’aujourd'hui nous importons à Genève 85 % de nos besoins alimentaires ?

N’oublions pas que chaque heure il y a 8000 personnes de plus sur cette planète, il faudra 2000 hectares pour les nourrir, la tâche paraît insurmontable.

Au 19ème siècle, notre pays a su faire face aux dangers menaçant les forêts, il a pris les mesures nécessaires pour les protéger définitivement et avec succès, elles gagnent même du terrain.

Nous avons, dans ce canton, préservé jusqu’à ce jour de belles surfaces agricoles, faciles à travailler, alors sachons les garder ! Il faut 10.000 ans pour obtenir un bon sol cultivable à partir de la roche-mère, une signature sur un papier officiel pour le faire disparaître.

Le nouveau plan directeur général de l’aménagement du territoire 2012 doit garantir le maintien de grands espaces agricoles et classer de manière définitive, comme on l’a fait pour les forêts, environ 9000 hectares des 12500 hectares de la zone agricole. Une partie de la zone agricole restante changera peu à peu d’affectation, mais les surfaces protégées, importantes et bien groupées, permettront toujours un travail rationnel du paysan avec le minimum de nuisances, soit pour lui dans son activité, soit pour les habitants proches. Je viens de déposer une motion demandant ce classement.

Il y a beaucoup d’espaces mal utilisés, on peut développer Genève sans brader des terres aussi indispensables à la vie.

Le mitage du territoire doit cesser.

Et si dans 100 ans, il n’y a plus besoin d’agriculture, nos descendants transformeront ses surfaces en magnifiques jardins et loueront notre sagesse !

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mercredi, 07 avril 2010

Un homme remarquable, le Général Guisan

 

 

 

 

 

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Evoquer la période 39-45 en Suisse éveille chez certains des sourires amusés, ah ce petit pays qui n’a pas connu la guerre et en a profité ! Il est facile de refaire l’Histoire, d’oublier le contexte. Quand on est entouré par deux des peuples les plus riches ,les plus puissants , les plus instruits de l’époque, qui arrivent à se faire trois guerres en septante ans , dont deux deviennent mondiales, je me demande bien où sont les responsabilités et qui devrait faire des excuses pour ce comportement fratricide entre peuples d’Europe.

Je suis infiniment reconnaissant aux dirigeants de mon pays de nous avoir évité le pire, même si nous avons dû composer et ruser pour nous en sortir. Un homme a su véritablement personnifier cette volonté de résistance, renforcer année après année une armée devenue dissuasive sur un terrain difficile pour l’adversaire, c’est le Général Guisan : une volonté de fer, une grande confiance qui rayonnait, de la classe, une idée mobilisatrice : le Réduit, une approche moderne et directe de ses soldats ; la foule innombrable qui l’a accompagné dans sa dernière demeure en 1960 nous prouve son immense aura  et le respect qu’elle induisait.

La tension est restée vive toute la guerre, plusieurs fois les menaces d’envahissement ont été sérieuses. Un ami de ma famille, en service à Bâle, me racontait l’insoutenable tension en mai 40 ; les troupes allemandes étaient proches, un matin on a distribué de la gnôle à la troupe : cette fois nous sommes bons pour le massacre !

Cette commémoration doit aussi être un hommage à tous nos parents de l’époque, courageux, décidés. J’ai une pensée émue pour mon père, soldat lambda comme il y en a eu des milliers ; exempté en 1928, volontaire en 39, 800 jours de service, il a toujours eu envie de s’acheter une Mercedes et ne l’a jamais fait, tant son ressentiment restait grand envers l’Allemagne et cet immense malheur évitable.