lundi, 30 mai 2011

La filière du thorium

 

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La filière du thorium

 

Accident de Fukushima, affolement général, approche des élections... Le Conseil Fédéral décide la sortie progressive du nucléaire.

Que l'on critique les centrales actuelles fonctionnant à l' uranium enrichi, avec les dangers d'une perte de maîtrise des installations et la gestion problématique des déchets, que l'on hésite à construire encore des réacteurs à eau bouillante (REB) ou à eau pressurisée (REP), on peut l'admettre. Mais que l'on renonce définitivement au nucléaire, c'est bien précipité.

D'abord, malgré toutes les bonnes volontés et les projets futurs d'énergies renouvelables, on est loin du compte et l'on bâtit sur du sable. Il faudra beaucoup de temps pour remplacer ce qui est en fonction aujourd'hui, il ne faut pas rêver et être réaliste.

Ensuite, le nucléaire n'a pas dit son dernier mot; il peut présenter d'autres solutions, comme la filière du thorium, qui a prouvé sa faisabilité dans les années 70.

 

_Le thorium 232 est un métal plus abondant que l'uranium et mieux réparti sur la planète, ce qui rend sa disponibilité plus sûre et pour des centaines d'années. Il est avec l'uranium 238 le seul isotope fertile naturel, c'est à dire qu'il se transforme en isotope fissile ( et ainsi peut engendrer une fission nucléaire dans un réacteur) avec un apport extérieur de neutrons. Sans cet apport,il n'y a pas de réaction.

_Son extraction produit peu de résidus miniers , leurs ½ vie est courte et ils sont facilement gérables dans un laps de temps humainement raisonnable.

_ Dans un réacteur à sels fondus ( type envisagé), le thorium est complètement utilisé et, étant au départ peu radioactif, il produit beaucoup moins de déchets qu'un réacteur à uranium.

_Ce type de réacteur ne peut s'emballer, il n'y a pas de risque de fusion du coeur.Un accident de type Tchernobyl est impossible. S'il y a un problème, «on tire la prise « et tout s'arrête.

_Ce genre de centrale travaille à pression normale , un autre avantage.Dans un REP , on a 150 bars ! Et pas d'explosion d'hydrogène possible comme à Fukushima !

 

Alors me direz-vous, pourquoi cette filière qui présente tant d'avantages n'a-t-elle pas été développée ? C'est très simple :contrairement à la filière de l'uranium , on ne trouve pas dans ses déchets du plutonium 238 indispensable à la fabrication de la bombe atomique .

 

L'Inde et la Chine relancent leurs recherches dans ce domaine du thorium, je suis persuadé que des centrales fiables seront proposées dans un avenir proche. Ceux qui utiliseront cette filière démontreront leur volonté politique d'utiliser pacifiquement l'énergie nucléaire.

 

Je demande instamment aux Conseillers nationaux, notamment aux Verts, qui vont débattre sur notre avenir énergétique le 7 juin , de ne pas fermer définitivement la porte du nucléaire et de demander l'étude de la filière du thorium.

Il en va aussi de centaines de postes de travail dans notre pays et d'un savoir-faire indéniable de nos entreprises dans le domaine nucléaire.

N'oublions pas non plus que nous nous sommes engagés à diminuer notre production de CO2 par les accords de Kyoto. Il faudra bien respecter notre signature.

 

PS: les recherches portent également sur un nouveau type de réacteur, dit à onde de combustion, qui pourrait aussi utiliser du thorium. J'en parlerai dans un prochain blog.

Commentaires

Je suis totalement d'accord avec votre article et surtout pour dire que l'annonce du Conseil fédéral de sortir du nucléaire est précipitée.

Je pense que l'opinion publique, totalement focalisée sur l'accident de Fukishima, n'évalue pas, ou mal, les conséquences économiques, mais aussi écologiques (!) d'une sortie hâtive du nucléaire en Suisse.
Cette décision va relancer la construction de centrales thermiques à gaz et celles à cycle combiné "chaleur-force" qui ont l'avantage d'être rapidement mises en oeuvre, mais émettent en revanche du CO2. Le protocole de Kyoto aura ainsi été mis entre parenthèses !

En effet, je ne pense pas que le développement d'énergies renouvelables et les efforts pour améliorer l'efficacité énergétique permettront de combler à temps l'arrêt des centrales nucléaires.

Quant aux journalistes chargés d'informer le public, ils connaissent très mal, voire pas du tout, les règles économiques et physiques, ainsi que la technologie qui régissent le domaine de l'électricité pris au sens large du terme.

Il y aurait, selon moi, un énorme travail d'information à faire auprès de la population !

Cordialement !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | lundi, 30 mai 2011

Simplement merci de nous éclairer avec de telles connaissances, car quand on visionne les médias, on aurait presque envie de marcher à quatre pattes à tel point qu'ils nous prennent pour des bêtes !!

Écrit par : Bob | dimanche, 12 juin 2011

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