lundi, 22 juillet 2013

vote électronique: le doute

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Vote électronique : des doutes

 

Rappel : en 2007, la phase pilote concernant le vote électronique prenait fin et le peuple genevois en acceptait le principe en février 2009, à une large majorité (70,2%). Monsieur Hensler, notre ancien Chancelier, embellissait son bébé : sécurité absolue, modernité, modèle pour les autres cantons qui ne manqueraient pas d’acheter  notre système le rendant très rentable pour l’Etat.

Pour les rentrées d’argent on n’a rien vu et quand les spécialistes assuraient à des députés inquiets, dont je faisais partie, la totale sûreté du vote électronique, ils me semblaient un peu présomptueux, c’était même un invite aux hackers pour démontrer qu’ils se trompaient !

On voit bien aujourd’hui que tout est écouté, espionné, modifiable. Voilà qu’un pirate informatique nous dit qu’il peut rentrer dans l’application du vote, ce qui est confirmé par une HES bernoise.

Le plus incroyable, c’est que la Chancelière indique que le problème était connu de l’administration ! Les audits  avaient porté sur la partie serveur du système et pas sur l’application pour le votant.  Alors on attend que quelqu’un dénonce la faille pour l’admettre ?  Comment voulez- vous garder confiance dans cet environnement trompeur ?

Vous me direz que tout le monde se fiche pas mal des élections genevoises, mais il s’agit d’un principe essentiel de la démocratie : la sûreté de l’urne.

 Si une personne, un groupe ont de mauvaises intentions,  ils ont peut-être déjà pénétré le programme de vote et  ne vont évidemment pas s’en vanter. Ensuite, de façon intelligente, ils vont modifier de quelques % le résultat, afin de ne pas mettre la puce à l’oreille de contrôleurs, et falsifier  par exemple l’élection au Conseil d’Etat.

Cela fait un peu penser au Tour de France : un septuple vainqueur, jamais attrapé malgré de nombreux contrôles, il avait une longueur d’avance sur la détection des produits, comme on pourrait le craindre d’un hacker, finit par avouer sa tricherie. Et si un Conseiller d’Etat élu apparaissait au bout de 3 ou 4 ans l’avoir été  avec l’aide de bulletins modifiés ? En espérant que ce ne soit pas à l’insu de son plein gré…Avouez que ce serait la Genferei de trop !

Il y a aussi des possibilités de manipulation avec le vote par correspondance, mais une personne malhonnête  arrivera à capter quelques bulletins ou dizaines de votes, avec le choix électronique  ce sont des dizaines de milliers !

Il est grand temps de décréter un moratoire sur le vote électronique en attendant d’y voir plus clair.