vendredi, 03 avril 2015

Conseil d'Etat: des comptes 2014 en trompe l'oeil.

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Les comptes de l'Etat de Genève 2014 présentent un bilan dans les chiffres noirs pour 6 millions, sur des revenus de l'ordre de 8 milliards.Le moins que l'on puisse dire, c'est que notre ministre des finances a une sacrée baraka, car à périmètre égal avec l'année précédente il présenterait un déficit abyssal d'environ 400 millions!

Explication: des investissements certes importants mais inférieurs d'environ 50 millions à la moyenne décennale; une rentrée miraculeuse de 415 millions; des droits de succession doublés par rapport à 2013, année déjà très favorable, + 134 millions; total 600 millions.Enlevons les 203 millions que l'Etat a provisionnés pour la caisse de pension, ce qu'il n'aurait pas fait sans ces revenus non récurrents, nous sommes bien dans cette fourchette des 400 millions de déficit...Et la dette a augmenté d'1 milliard...

Voilà la véritable situation de notre Etat, alors que notre exécutif ne cesse depuis une année de répéter qu'il a repris les choses en main et qu'il contrôle les dépenses pour nous amener à terme à une baisse de la dette. Je ne doute pas de ses efforts, mais c'est un nageur qui se bat à contre-courant et est gagné par la vitesse du flot.

L'année en cours se présente de façon bien moins favorable, les prévisons sont en baisse, on ne parle plus d'une augmentation du PIB de 1,9%, mais plutôt de 0,9%, le commerce de détail et les banques souffrent, la tendance n'est pas à une hausse des rentrées fiscales.

Les nuages s'accumulent:le projet SCORE concernant la grille des salaires va faire encore des vagues, la caisse de pension plombe durablement les comptes, les taux d'intérêt pourtant historiquement bas( 1,8%!), amènent le paiement de 230 millions par année, et ils ne peuvent à l'avenir que reprendre de la hauteur...bref il suffit d'un petit coup de malchance ou de changement de paramètre pour que tout le véhicule se déglingue.

Je suis fatigué de répéter depuis 8 ans à la Commission des finances que nous allons dans le mur et que l'Etat doit réduire son train de vie et que la réalité finira par s'imposer, d'autant plus dure que nous aurons longtemps attendu.

L'heure de vérité s'approche avec une dette consolidée qui frôle les 17 milliards.

 

 

 

 

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