jeudi, 10 septembre 2015

Un Conseil d'Etat dépassé par les événements

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Un Conseil d’Etat dépassé par les événements.

 

Le budget 2016 du canton présenté cette semaine est tout simplement un aveu d’impuissance de la part de notre Conseil d’Etat.

Quand la nouvelle équipe est arrivée aux commandes fin 2013, les promesses d’un redressement des finances ont été fermes et résolues. Et pour la première fois, j’ai cru à un changement et n’ai pas refusé son premier budget, même en étant dans l’opposition: il faut laisser de côté les divergences quand il s’agit du bien de la République.

Voilà bientôt deux ans que ce Conseil d’Etat est en charge et les résultats sont plus que décevants.

Comment oser présenter pour 2016 un déficit de 70 millions alors que tous les indicateurs sont dans le rouge ? Après les années les plus fastes jamais connues dans le montant du PIB, comment n'avoir pas anticipé une baisse inscrite dans le cours de l’Histoire ? Le budget 2019 présentera à coup sûr  une diminution des entrées fiscales de 400 à 500 millions (baisse imposée de la taxation des entreprises), rien n’est prévu pour pallier à cette révolution budgétaire.

Pour arriver, peut-être, à se sortir d’une situation périlleuse il faudrait au minimum avoir un excédent 2016 de 100 millions, puis de 200 en 2017 et 300 millions en 2018.

Nous sommes dans un schéma de catastrophe que je dénonce depuis des années. Les réductions linéaires des subventions, l’augmentation des heures de travail, que mon groupe a proposées depuis des années, ont été toujours balayées comme infâmes. Mises en œuvre à temps, nous n’en serions pas là aujourd’hui, alors que le CE les reprend bien tardivement comme étant siennes…

Leur seule proposition qui rapporte, c’est d’augmenter indirectement la charge fiscale de la classe moyenne qui paie encore ses cotisations maladie, plus 63 millions, avec moins de déductions possibles sur ces dernières. Alors que 108'000 personnes sont aidées à Genève pour payer ces primes, c’est juste un scandale pour ceux qui rament et en assument tous les frais.

En deux ans, ce Conseil d’Etat, plutôt satisfait de son travail, aura augmenté la dette de 1 milliard de francs. Dette consolidée fin 2016 : 17, 1 milliards de francs, bravo ! Genève largement en tête ! C’est tout simplement une bombe à retardement qui explosera dans les mains de nos descendants. Merci papa, joli cadeau !

La Gauche insiste sur Sa solution, toujours la même : il suffit d’augmenter les impôts. Mais il y a un petit problème, indiqué par les statistiques fédérales (elles sont crédibles) : l’exploitation du potentiel fiscal est au maximum dans quel canton ? Genève ! Bravo, je voterai pour vous. La moyenne étant 100, Schwyz est à 44,5 et peut augmenter sans problème ses impôts en cas de besoin ; Zurich est en-dessous de la moyenne à 91,2 ; Genève est à 132. Donc penser que l’on pourra augmenter la charge dans notre canton sans faire fuir les contribuables les plus aisés, c’est une folie. Juste en passant, j’ai une connaissance extrêmement aisée qui vient d’annoncer son départ pour Londres, en regrettant de partir parce qu’elle nous aime bien dans le fond, mais trop d’impôt, c’est trop.

Si on prend les revenus des communes et de l’Etat, la fonction publique à Zurich, un canton qui nous ressemble (aéroport, université, hôpital universitaire, infrastructures lourdes), coûte 40% de moins par habitant qu’à Genève. Il y a plus qu’un malaise…

Je conclus en répétant (depuis longtemps!) que l’Etat de Genève court à la faillite, que des changements structurels drastiques et douloureux sont nécessaires, que la fonction publique doit accepter un régime minceur conséquent pour sauver l’essentiel de ses postes, sinon le spectre des années 30, avec une quasi mise sous tutelle de l’Etat par Berne, des bâtiments de l’Etat en garantie et une baisse linéaire de 10% des salaires publics, n’est pas loin.

Nous avons besoin en cette période cruciale de ministres qui se comportent en hommes d'Etat, pas en releveurs de compteurs.

 

Commentaires

Dans quel monde vivez-vous Monsieur Leyvraz?

Avez-vous réellement la volonté un jour de voir notre dette remboursée?

Je crois qu'à un moment donné il faut oublier d'où viennent les idées, que ce soit de gauche ou de droite et travailler ensemble. Avec une dette à plus de 13 milliards et des projets pour Genève comme une traversée du lac, le CEVA qui coûtera encore plus cher que prévu, une nouvelle prison, un nouveau palais de justice, une gare souterraine, des bâtiments à rénover et j'en passe, il faut se rendre à l'évidence et accepter qu'une hausse d'impôts est indispensable!

La qualité se paye et l'on demande beaucoup à la fonction publique en les faisant travailler 2 heures de plus par semaine et en ne leur octroyant pas leur annuité alors que leurs cotisations à leur caisse de pension ont déjà augmentées pour qu'ils touchent moins au final. A noter que je ne suis pas fonctionnaire et que je travaille déjà 42 heures par semaine (sans les heures supplémentaires). J'approuve donc les efforts qui ont été demandés aux fonctionnaires même si quelque part je ne trouve pas correct que leur contrat de travail n'ait pas été respecté!

Cependant, pour être crédible, il faut que tout le monde fasse un effort en augmentant les impôts de tous ne serait-ce que légèrement (y compris les miens).

Pourquoi un fond n'est-il pas créé pour le remboursement de cette dette?

Comment peut-on persister à refuser l'idée d'une augmentation d'impôts pour tous alors que le canton va mal?

Soyons solidaires pour une fois et prenons le taureau par les deux cornes!

Écrit par : François Tabazan | jeudi, 10 septembre 2015

"Comment oser présenter pour 2016 un déficit de 70 millions alors que tous les indicateurs sont dans le rouge ?"

Ben, c'est justement parce que les indicateurs sont dans le rouge que le budget présente un déficit...

Écrit par : Jack Ansermet | jeudi, 10 septembre 2015

Merci de vos commentaires.
Un budget de 8 milliards pour 500'000 habitants, c'est unique au monde et fait rêver tous les états. ce n'est donc pas un problème de recettes que nous connaissons , mais un problème de fonctionnement. Si on enlève les prélèvements obligatoires, le fonctionnement de notre République absorbe les 2/3 du budget! Et c'est le président Longchamp qui le rappelle...Quand 2% des contribuables paient plus de la moité des impôts, il s'agit juste d'être prudent, sinon on ne parle plus de justice fiscale , mais d'un début de racket.Trop d'impôt tue l'impôt, ça se vérifie toujours.L'Etat est au service des citoyens , ce n'est pas le citoyen qui doit se sacrifier pour un Etat obèse et qui ne se compare avec aucun des autres cantons dans sa boulimie de fonctionnement.

Écrit par : Leyvraz | vendredi, 11 septembre 2015

à ce point, ce n'est plus de malaise dont vous devriez parler



mais OSER préciser où coulent les sources de ce malaise


ah, aucun candidat?
entre-temps, le bateau gneuvois coule

Écrit par : suisse & genevois déshérité | vendredi, 11 septembre 2015

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