mercredi, 11 novembre 2015

Dette de l'Etat du canton de Genève

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Un article de ce journal dit qu'il ne faut pas s'affoler devant la dette de l'Etat qui s'élève à 13 milliards..

Voilà  une  vue optimiste de la situation, pour plusieurs raisons.

L'Etat se targue d'être un des rares cantons à soumettre ses comptes aux normes IPSAS, normes internationales claires qui permettent des comparaisons. Or ces normes impliquent que toute dette avérée doit être inscrite au bilan. La dette de la caisse de pension de l'Etat, la CPEG, de 5,2 milliards, sera remboursée en 40 ans par l'Etat, c'est donc une dette avérée, mais elle est inscrite non pas au bilan, mais en pied de bilan. C'est contraire aux règles, une excetion que s'accorde l'Etat.La dette vraie passe de 13 à 18,2 milliards.

Ce qui compte pour les agences de notation ce sont les comptes consolidés. Si une entreprise ou un état a des participations dans une entité ou une entreprise( SIG, TPG, etc...), la part du bénéfice de ces dernières lui revenant doit être inscrite dans ses gains, de même que les pertes. La dette consolidée de l'Etat est fin 2014 de 16,8 milliards, donc encore plus 3,8 milliards, soit un total de 22 milliards. Voilà comptablement la véritable et honnête situation de la dette.

Est-ce supportable? Oui , car cela représente environ 40% du PIB; rappelons que pour l'Europe le maximum, pas respecté par de nombreux pays!, est de 60%.

Est-ce acceptable? Non, car nous sommes, et de loin, le canton le plus endetté de Suisse. La dette par habitant est 6 fois plus élevée que la moyenne suisse. 

Alors la fonction publique peut se mettre en grève, la situation est entrain de changer de façon irréversible, l'économie est en difficulté, les nuages s'amoncèlent.      

Regardons la réalité en face: par tête d'habitant nous avons le plus grand nombre de fonctionnaires, les coûts les plus élevés.Les salaires moyens de la fonction publique sont largement plus élevés que dans les autres cantons. 

L'Etat a un problème structurel, c'est évident.