dimanche, 17 avril 2016

Fondation des immeubles pour les organisations internationales (FIPOI). une honteuse gabegie

 

 

 


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Ayant pensé qu’avec le très sévère rapport de la Cour de Comptes(CdC) sur l’IUFE (Institut universitaire de formation des enseignants) on avait atteint le fond des errances de l’Etat, force est de constater que je m’étais largement trompé !

Après des mois de démarches des députés de la Commission de contrôle de gestion, qui exigeaient un rapport de la Cdc non caviardé sur la FIPOI, la surprise à sa lecture n’a été que plus grande.

Dire que ce rapport est accablant est juste un euphémisme ; des exemples :

-les faiblesses organisationnelles relevées entraînent un risque financier, opérationnel, d’image et de contrôle.

-La direction de la FIPOI n’a ni défini ni communiqué au niveau de ses objectifs stratégiques, elle n’est pas en mesure de s’assurer que les ressources soient gérées de la manière la plus efficiente possible.

-Faiblesses en matière de stratégie de communication.

-Les « orientations » par division définies dans la cadre du budget ou de la planification à 5 ans  ne sont pas conformes aux bonnes pratiques liées à l’établissement d’objectifs.

-L’inventaire des risques de la FIPOI n’est pas fiable.

-Il en découle une incapacité de répondre aux attentes des  organisations internationales en ce qui concerne les travaux de rénovation de leurs bâtiments.

Ça ne vous suffit pas ? Voici d’autres exemples :

-Non- respect  de la procédure interne d’adjudication des mandats ; pour plusieurs marchés il n’y a pas eu d’appel d’offres en procédure ouverte.

-Le directeur s’ingère directement en faveur de certains prestataires dans des sélections de fournisseurs, pour de gros  contrats.

-Les interventions du directeur provoquent un important dégât d’image au sein de la FIPOI.

Pas encore suffisant ? Et on continue :

-Pour certains collaborateurs, la vérification des heures de travail se base sur la confiance, car ils ne saisissent pas leurs heures dans le système Allegro, avec une surveillance inadéquate  exercée par la direction.

-Des éléments erronés ont été communiqués à la CdC, des personnes ont omis de transmettre des informations importantes à la Cour.

-Ces éléments viennent renforcer la perception d’une volonté délibérée de préparer les entretiens et induire la Cour en erreur…..

-Une pratique généralisée existe au sein de la FIPOI qui consiste à effectuer des travaux privés pendant les heures de travail, notamment des interventions au domicile privé d’un chef de service et du directeur.

-Un cercle restreint de collaborateurs organise des repas avec l’argent issu de la vente du cuivre récupéré pendant les heures de travail.

Il  y en a encore, mais je pense que tout le monde a compris.

La CdC relève à plusieurs reprises les risques importants de fraude suite à ces agissements sans contrôle véritable.

 

Les observations présentées par le Président et le Vice-Président du Conseil de fondation le 15 juin 2015 contestent plusieurs points du rapport de la CdC. Pour tous les points les éléments mis en évidence par la FIPOI ne sont pas  de nature à modifier la position de la Cour.

Certes depuis ses observations, le directeur a été poussé vers la sortie, et continue de toucher son salaire… Des mesures ont été prises et tout va très bien Madame la Marquise…

En 2014, il y avait dans le Conseil de fondation de la FIPOI, entre autres, Madame Salerno , Messieurs Longchamp et dal Busco. Comment se fait-il qu’ils ne soient pas intervenus plus tôt, qu’un tel manque de gouvernance ne les ait pas frappés ? Laxisme ou incompétence ? Comment avoir laissé dans un tel marasme une Fondation de cette importance pour l’image de Genève, et qui gère et va gérer des centaines de millions d’investissements ? Pourquoi avoir attendu le rapport de la CdC pour entrevoir la gravité de la situation ?

Qui écorne notre réputation, les députés qui osent parler de ces problèmes ou ceux qui sont responsables de les avoir tolérés ?

Qui peut croire que, malgré les décisions favorables concernant la réfection du Palais des Nations, toute cette cacade ne profitera  pas aux concurrents de la Genève internationale ?

Je suis fâché également pour d’autres raisons que je ne puis évoquer ici, étant tenu par le secret de fonction de la Commission de contrôle de gestion dont je suis membre.

 Comme entrepreneur je reste sidéré de la façon dont certains méprisent l’argent  que nous payons en impôts et que nous gagnons véritablement à la sueur de notre front.

Question subsidiaire : pourquoi le Procureur général n’intervient-il pas dans cette affaire ?

 

 

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